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[Dossiers du Périgord] Le château de Puymartin : sur les traces de la Dame Blanche

Amoureuse de vieilles pierres et de mystères, je ne pouvais pas résister à l’envie de visiter un château que l’on prétend habité par l’esprit d’une Dame Blanche.

En France et un peu partout dans le monde, on raconte que des lieux seraient hantés par l’âme tourmentée d’une femme : une Dame Blanche (son fantôme apparaîtrait habillé de blanc). On retrouve ces histoires dans des villages, au bord de certaines routes (de nombreuses légendes font état d’apparitions d’auto-stoppeuses qui seraient là pour prévenir les conducteurs imprudents de l’imminence d’un danger), mais également dans des châteaux : Brissac (dans le Maine-et-Loire), Trécesson (dans le Morbihan), et bien entendu : le château de Puymartin.
Je vous invite à faire quelques recherches sur internet et vous vous apercevrez assez vite qu’il existe un nombre incalculable de légendes entourant la Dame Blanche.


Avant d’être le château abritant « la célèbre légende de la Dame Blanche », Puymartin est une bâtisse du XIIIème siècle située dans le Périgord Noir, entre Les Eyzies et Sarlat. Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi à Puymartin, après une première étape au château de Losse. Bien qu’une visite guidée soit proposée, nous avions envie de partir à la découverte du château en autonomie, pour pouvoir nous imprégner au maximum des lieux et prendre notre temps dans les pièces (en particulier dans la tour de la Dame Blanche).
Nous avons reçu, à la billetterie, un classeur comprenant l’historique des lieux et des explications pour la visite des différentes salles du château.

Construit vers 1269 et donné en fief à la famille des Serviens par les abbés de Sarlat, le château de Puymartin dominait un petit village en contrebas, disparus de nos jours. A l’aube de la Guerre de Cent Ans, le château de Puymartin se situait à la frontière entre la France et l’Angleterre. Il a été pris d’assaut par les Anglais le 3 janvier 1357. Les Sarladais ne pouvant se résoudre à laisser Puymartin aux mains des ennemis, ils entreprirent des négociations pour récupérer le château après paiement d’une rançon. Pour éviter que le domaine ne tombe une fois de plus en possession des Anglais, les Sarladais entreprirent de le saboter en détruisant ses remparts, ses créneaux et sa toiture. De cette façon, Puymartin n’avait plus d’intérêt pour l’ennemi et il resta en ruine jusqu’à la fin du conflit.

C’est en 1450 que Radulphe de Saint-Clar reprit le château et entreprit de le rénover et de l’agrandir.
Au cours des Guerres de Religions, Puymartin devint un quartier général pour les catholiques sous l’autorité de Raymond de Saint-Clar, petit-fils de Radulphe. Les protestants essayèrent en vain de s’emparer du château.
A la Révolution Française, le Marquis François Roffignac de Carbonnier de Marzac parvint à conserver Puymartin (ce qui relève de l’exploit).
Le château de Puymartin connut d’importants travaux de restauration à la fin du XIXème siècle sous la direction du Marquis Marc Roffignac de Carbonnier de Marzac. La fille unique du Marquis épousa le Comte Jacques de Montbron en 1920. Le château appartient toujours à cette famille de Montbron.

Nous avons débuté la visite du château par la petite chapelle située à droite en entrant par la grande porte.


Il s’agit d’une chapelle intégralement restaurée au XIXème siècle. Elle comprend deux statues en pierre polychrome : une piéta du XVème siècle et un Saint-Sacerdoce (saint local) du XVIème siècle. Ces statues furent découvertes dans les douves du château lors de sa restauration. Il est possible qu’elles aient été cachées là suite aux Guerres de Religion (les protestants détruisaient les icônes, symboles d’idolâtrie).



En face de la chapelle, au dessus d’une porte, se trouve le blason de la famille Roffignac de Marzac : un lion surmonté d’une couronne de marquis.


Avant de pouvoir pénétrer dans le château, nous avons dû monter un escalier du XVIIème siècle menant à une cour.



Cette cour a pour nom cour Saint-Louis du fait de la présence d’une statue du roi Louis IX au dessus d’une porte. Cette statue a été ajoutée au XIXème siècle par le propriétaire de l’époque (catholique et royaliste).




Depuis cette cour, nous pouvions voir sur notre droite l’aile XVème siècle (partie du château qui est occupée toute l’année par les propriétaires), et à notre gauche, le Donjon (partie rénovée en majorité au XIXème siècle).



Nous sommes entrés dans le château par la tour sud et avons emprunté le Grand Escalier bâti au XVème siècle.

La chambre d’honneur était une chambre destinée aux invités.

Décorée de tapisseries du XVIIIème siècle que l’on appelle « verdures », elles proviennent de la manufacture d’Aubusson. Dans le coin de la pièce se situe l’entrée d’une salle d’eau que nous pouvons apercevoir.


Le mobilier est également du XVIIIème siècle, en revanche, la peinture placée au dessus de la cheminée date, elle, de 1671.

Ce tableau représente Danaé recevant une pluie d’or lancée par Zeus. A l’origine, Danaé était nue mais on l’habilla au XIXème siècle parce qu’on trouvait cette peinture choquante. Un crucifix fut ajouté transformant l’œuvre en une Marie-Madeleine.



Sur un mur de la pièce, on allongea les cheveux d’une « Veritas » pour pouvoir cacher ses parties intimes.

Portrait d’Isabeau de Limeuil (membre de la cour de Catherine de Médicis, une de ses filles épousa le propriétaire de Puymartin).

Dans un autre coin de cette pièce se trouve l’entrée du cabinet mythologique uniquement accessible en visite guidée. Une reproduction des peintures de cette salle est visible dans la salle des gardes.

Nous avons quitté la chambre d’honneur pour nous rendre dans la Grande Salle, ou « salle des tapisseries » (illustrant des épisodes de la Guerre de Troie).




Au dessus de nos têtes, nous pouvions admirer un magnifique plafond peint datant du XVIIème siècle.



Sur la cheminée, admirez ce tableau représentant Vénus sur son char aux côtés d’Apollon (amour). Derrière elle : Mars (guerre) ; Bacchus (ivresse) et Héphaïstos (feu).

Après avoir traversé la Grande Salle, nous sommes entrés dans la Véranda (partie du château restaurée au XIXème siècle). J’ai adoré l’atmosphère que dégageait cette salle où nous pouvions regarder des photos de famille datant de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle.

Les magnifiques vitraux de cette pièce ont été commandés par le Marquis Marc de Roffignac de Carbonnier de Marzac . Son blason figure sur ces vitraux.






Une maquette de Puymartin est présente sur une table nous permettant de pouvoir mieux nous rendre compte de l’architecture du château étant donné que certains endroits sont fermés au public.

Une vitrine comprenant des jouets anciens est visible contre un mur de la véranda.

En poursuivant, nous sommes arrivés à l’entrée du Salon Vert. Cette pièce a été aménagée au XIXème siècle et il s’agit d’une reconstitution du salon de l’hôtel particulier des propriétaires à Bordeaux. Le marquis voulait convaincre son épouse de venir à Puymartin (le salon était une manière de lui prouver que le château pouvait être adapté au goût de l’époque, et à son confort puisqu’un chauffage central a également été installé dans les parties rénovées du château).



Nous sommes retournés sur nos pas et avons de nouveau emprunté le Grand Escalier pour nous rendre à un étage au-dessus. La Salle des Gardes était à l’origine le point de départ vers le chemin de ronde et permettait de communiquer de la tour sur à la tour nord du château. Cette pièce abrite à présent la reconstitution des peintures du Cabinet Mythologique.








A côté de cette salle se trouve La Tour de la Dame Blanche. Cette pièce doit son nom à la terrible légende du château. Au XVIème siècle, Thérèse de Saint-Clar y aurait été emprisonnée après que son époux, de retour de la guerre, l’ait trouvée dans les bras de son amant. Thérèse fut gardée captive pendant près de 15 ans, la porte de la salle fut murée lui interdisant de quitter les lieux. Une trappe fut aménagée pour pouvoir lui apporter de la nourriture. Elle dormait sur une paillasse et ne pouvait se réchauffer qu’à l’aide de la cheminée où elle confectionnait ses repas. Des barreaux aux fenêtres rendaient impossible toute tentative d’évasion. Après sa mort, le corps de Thérèse fut emmuré dans cette pièce qu’elle ne quitta jamais. La légende raconte que son fantôme se baladerait dans le château vers minuit.





La source de cette histoire a été retrouvée dans les Archives Départementales par une historienne. Elle confirme que cette légende prendrait place dans le contexte des Guerres de Religion. Le meurtre de l’amant de Thérèse par son époux y est confirmé mais il n’y a rien concernant le sort de Thérèse. La légende qui est racontée de nos jours est une reconstitution romantique du XIXème siècle. Certains visiteurs et des membres de la famille du château rapportent avoir été témoins de phénomènes étranges. Pour notre part, nous sommes restés quelques minutes dans la Tour de la Dame Blanche et n’avons eu aucun ressenti particulier, bien qu’ouverts d’esprits concernant le paranormal.

Nous avons poursuivi la visite en grimpant d’un étage encore pour découvrir le Petit Grenier

Et le Grenier du château.


Nous avons terminé la découverte de Puymartin en retournant au rez-de-chaussée pour visiter la dernière pièce du château : La Salle Basse.
Impossible de ne pas remarquer le carrelage en entrant dans cette pièce.

La Salle Basse est considérée par les propriétaires du château comme un petit musée. Des bustes et des portraits de famille décorent cette pièce. Dans un coin de la salle, des gravures des derniers rois de France sont présentes, témoins des opinions politiques de la famille (royalistes et légitimistes).







Au-dessus de la cheminée figure le blason de la famille de Carbonnier : une croix, un croissant et une étoile ; et le lion de la famille Roffignac de Marzac.

Après un dernier tour par le parc du château pour pouvoir admirer la demeure sous un autre angle, nous avons achevé notre visite de Puymartin.


Nous avons apprécié visiter ce château. C’était calme, nous avons pu prendre notre temps dans les différentes pièces et nous avons apprécié que ce soit un château joliment meublé. Même si nous n’avons pas croisé le spectre de la Dame Blanche, nous avons été sensibles à l’histoire et à la légende de ce château.


S’il y avait un point négatif à souligner ce serait peut-être que Puymartin base toute sa publicité autour de cette légende (dépliants, panneaux à l’entrée du site et dans le château), mais nous ne pouvons pas leur en vouloir, ils essayent de se démarquer des autres (nombreux) châteaux qui peuplent le Périgord.


Et vous, connaissez-vous le château de Puymartin et sa légende ? Qu’en pensez-vous ? Aimez-vous les histoires de Dames Blanches ?

A propos de Booklets Of Kleio

Caroline, amoureuse d'Histoire, (ancienne stagiaire au Centre Historique Minier de Lewarde & ex agent d'accueil et de surveillance au Palais des Beaux Arts de Lille). Je suis depuis toujours passionnée de patrimoine avec une affection particulière pour celui du Val de Loire. J'ai beaucoup d'intérêt pour la culture en général : les musées, les expositions, la musique, la lecture, les séries tv...

3 commentaires sur “[Dossiers du Périgord] Le château de Puymartin : sur les traces de la Dame Blanche

    1. Je suis contente de lire que tu as aimé cet article 😉 Nous sommes un couple passionné également de mystères, de légendes et de paranormal donc nous avons vraiment adoré cette visite. En plus de la légende le château est magnifique donc ce n’était pas pour nous déplaire! Mais si tu veux tout savoir, nous avons eu l’impression que l’atmosphère était plus chargée dans la Maison Forte de Reignac qu’à Puymartin… 🙂

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