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[Lecture] Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa #ClubLectureMS (Nov 2017)

J’ai découvert le club de lecture de Victoria de Mango & Salt en octobre 2017. Le principe est simple : tous les mois, Victoria propose un thème de lecture et nous pouvons voter pour le livre que nous avons le plus envie de découvrir parmi une sélection de 5 livres. Ce que j’aime dans le Club Lecture Mango & Salt c’est que nous pouvons participer à notre rythme, quand nous le voulons et si le thème ou le livre du mois nous plaît. Le club nous permet également d’échanger autour de nos autres lectures entre passionnés via un groupe Facebook créé par Victoria. Le groupe m’a d’ailleurs permis d’établir une liste d’auteurs suédois en vue de la découverte de la littérature de ce pays.

J’étais très attirée par le thème du mois d’octobre (Halloween oblige, le thème était le surnaturel), et par la lecture retenue (j’avais d’ailleurs voté pour ce roman) : Les Mystères de la Forêt d’Ann Radcliffe.
Finalement, j’ai été déçue par ce livre qui ne correspondait pas du tout à mes attentes. J’ai lu jusqu’au milieu du roman avant de l’écarter pour me tourner vers une lecture plus agréable. (Il semblerait que la traduction en français ne soit pas à la hauteur de la version originale).

Tout ceci pour vous dire que malgré mon abandon pour l’édition du mois d’octobre, j’avais très envie de participer à nouveau au club lecture.
Le thème du mois de novembre est : la gourmandise
Victoria nous a sélectionné 5 livres plus alléchants les uns que les autres et, bien que mon vote se soit porté sur Chocolat de Joanne Harris, j’ai tout de même voulu jouer le jeu à fond et lire le livre du mois :

Les Délices de Tokyo 

Résumé :

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises.
Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Mon avis :

(il peut y avoir quelques spoilers même si je vais faire attention à mettre le moins d’éléments possible de l’histoire pour ne pas vous gâcher la surprise)

Jusqu’à la dernière minute, je ne savais pas si j’allais acheter ce livre car l’action se déroulant au Japon, je n’étais pas certaine d’accrocher. (Je ne suis pas très attirée par l’Asie en général). De plus, à la lecture de la quatrième de couverture, l’histoire ne semblait pas avoir le potentiel pour me donner envie de lire jusqu’au bout (j’aime en majorité les romans historiques, les polars, les thrillers, les romans avec du mystère un peu comme ceux de Dan Brown).
L’envie de participer avec les autres a été plus forte et en me rendant à la librairie, voyant que le livre était en rayon, je l’ai ajouté à mes achats.

Rapidement en rentrant chez moi, j’ai commencé la lecture des délices de Tokyo. Je mentirai si je vous disais que j’ai tout de suite été emballée par ma lecture. Le début m’a semblé un peu ennuyeux, je n’arrivais pas bien à comprendre où l’histoire était supposée nous entraîner. Le livre étant plutôt court, j’ai eu envie de poursuivre me disant qu’au pire je n’allais perdre que quelques heures de mon temps si l’histoire ne me plaisait pas.

Des mains, un cerisier et des dorayaki constituent le fil conducteur du récit. Le cerisier est présent pour marquer la chronologie de cette histoire et j’ai trouvé que c’était une jolie façon de le faire.
En lisant ce livre, j’ai appris ce que sont les dorayaki, la pâtisserie japonaise que confectionne le personnage principal. Il s’agit en fait de sorte de pancakes fourrés avec une pâte sucrée à base de haricots, appelée an(Cette image a été trouvée sur le site cuisine japonaise, je n’en suis pas l’auteure)

C’est à partir du milieu du récit que j’ai vraiment été captivée par l’histoire de Tokue, la grand-mère venue travailler auprès de Sentarô.
Le parcours de cette mamie est très touchant. A travers le regard de Sentarô et ses interrogations, nous nous posons la question sur notre propre regard face au handicap. Je dirai même que ça pose la question du regard de la société toute entière face aux personnes handicapées.
D’une façon poétique et sans basculer dans le pathos, le récit nous invite également à nous mettre à la place de ces personnes.
Un parallèle est fait entre la situation de Sentarô (qui a été en prison) et Tokue qui, du fait de son handicap, n’a pratiquement pas connu la liberté. L’accent sur cette envie de liberté, que peuvent ressentir les personnes handicapées, est mis à travers la présence d’un oiseau en cage qui demande lui aussi qu’on la lui rende.

La fin de l’histoire m’a particulièrement émue et j’avoue vraiment que je ne m’attendais pas à ce que ça me bouleverse puisqu’en commençant la lecture de ce livre, je n’en attendais rien.
Cette histoire m’a parlé, elle a fait écho à mes propres « souffrances » (avec l’endo), mes propres questions sur la vie et ses raisons (oui tout ça dans un petit bouquin de 200 pages).

La lettre rédigée par Tokue pour Sentarô à la fin du livre m’a d’une certaine façon fait pensé au discours de Charlie Chaplin dans « The Great Dictator« .
Je pense d’ailleurs que la meilleure conclusion pour cet article est de tout simplement vous partager l’une des citations de cette lettre qui m’a le plus touchée :

Dès lors, tout m’est apparu sous un nouveau jour.
Sans moi, cette pleine lune n’existait pas. Les arbres non plus. Ni le vent. Sans le regard que j’étais, toutes les choses que je voyais disparaîtraient. C’était tout simple.
Et si ni moi ni les humains n’existions, qu’en serait-il? Pas seulement les humains, si le monde était privé de tous les êtres doués d’émotion, qu’en serait-il?
Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement.

 

 

A propos de Booklets Of Kleio

Caroline, amoureuse d'Histoire, (ancienne stagiaire au Centre Historique Minier de Lewarde & ex agent d'accueil et de surveillance au Palais des Beaux Arts de Lille). Je suis depuis toujours passionnée de patrimoine avec une affection particulière pour celui du Val de Loire. J'ai beaucoup d'intérêt pour la culture en général : les musées, les expositions, la musique, la lecture, les séries tv...

2 commentaires sur “[Lecture] Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa #ClubLectureMS (Nov 2017)

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